Edito: 7 ans de trop

Publié le 17 juin 2026 à 18:32

La photo ci-dessous illustre ce que les historiens Pierre Serna, André-Gérard Slama ou Johann Chapoutot appellent l’extrême centre. 

Nous ne parlons pas du député Frédéric Falcon à l’extrême droite du spectre politique, ni du premier adjoint Jean-Pierre Hérail plutôt de droite villiériste, mais du Maire de Coursan, vice président du Parti Radical de Gauche, qui se proclame de "centre gauche".

Pour la vitrine, Edouard Rocher est quelqu’un de sérieux qui affirme appartenir à « la gauche du réel ». 

Ce « réel » est à la fois un slogan publicitaire pour indiquer que lui est raisonnable, mais c'est surtout un prétexte pour s’exposer en chef modérateur et imposer cette image. Imparable, pratique, malin pour discréditer les autres et faire passer les autres implicitement pour des excités.

Cette allégation de raison, de « réel » est présente une nouvelle fois dans ses dernières promesses électorales, avec sa proposition patriarcale d’un « Conseil des Sages ». Cette idée plait à Edouard Rocher car à tort ou à raison, la gouvernance ou l'image du grand-père sont rarement contestables, à ce ceci près que transposer l'autorité familiale, le patriarcat à l’échelle d’une commune, n’a pas du tout une perspective démocratique. Réac l’extrême centriste.

L’avantage de cette position centrale est d’apparaitre finalement comme apolitique. C'est tactiquement parfait à une époque de rejet des politiciens et de l’incompréhension de beaucoup qui ne comprennent pas pourquoi les politiques ne travaillent pas tous ensemble. Notre rassembleur paré des attributs de la sagesse monopolise ainsi le pouvoir local et marginalise les divergences. Le dispositif de mise sous cloche des oppositions est complété par une mainmise sur la presse écrite locale via l’épouse du premier adjoint qui est la correspondante locale de cette presse.

Le rejet des propositions démocratiques de l’opposition pour le règlement intérieur du conseil municipal lors du dernier conseil municipal est la preuve du centrisme autoritaire de M. Rocher. Avec E. Rocher, la démocratie est la dictature de la majorité.

Le girouettisme est une autre caractéristique de l’homme ou de la femme d’extrême centre. La trahison s’effectuant toujours au nom de la gravité du moment. Edouard Rocher a donc suivi Emmanuel Macron et le député Perea de 2017 à 2022, alors qu’il mangeait en même temps au râtelier du PS audois. En 2021, son élue S. Mateille est aussi élue conseillère départementale avec la majorité PS sans même passer par la case purgatoire. 

Puis, trahison de Macron avec  son « Macron m’a déçu ».  Ainsi, le soir du premier tour des législatives en 2022, France 3 annonçait que le candidat E. Rocher soutenu par Carole Delga, président du Parti Radical de Gauche de l'Aude avait fait perdre la candidate NUPES du PS. Enfin lors des législatives de 2024, selon les circonscriptions, le PRG parti dans l’Aude était à la fois contre le Nouveau front populaire et pour le Nouveau front populaire.

Depuis trois ans, M. Rocher est le marche pied du député RN à Coursan. Visionnaire avant les municipales, il a compris comme Henri IV que Paris vaut bien une messe. Les électeurs RN et de droite seront aussi trahis le moment venu quand lui et son adjointe postuleront avec le PS à des élections.

Ultime arrivisme et trahison, le maire « apolitique" de Narbonne lui a donné du galon dans l’agglomération, alors que la même gauche avec qui il est sensé travaillé au Département est dans l’opposition. 

Le PS de Coursan ne peut soutenir une telle personne. 

© photographie Frédéric Falcon